Aux grands maux, l’hôpital a rencontré les grands remèdes d’Henri Mennecier
janvier 20th, 2012 by cftcchsaLe visage trahi par l’émotion, Henri Mennecier a présenté ses adieux au centre hospitalier de Sambre-Avesnois, hier, lors d’une cérémonie qui lui était dédiée. L’ancien directeur revient sur huit années de progrès. De souffrance, aussi.
Le docteur Philippe Paradis salue « un engagement total » quand les petits mots du livre d’or mettent en avant « l’humanité » du directeur. La salle, bondée, de l’institut des soins infirmiers où s’est déroulée la cérémonie parle pour lui, « l’introverti ».
Homme « du service public », comme il se qualifie, Henri Mennecier s’est orienté vers la santé après une première carrière dans l’Éducation nationale. « C’était en 1997, avec les premières vagues de réforme (les ordonnances Juppé).
J’arrivais neuf dans un système neuf. » Pierre angulaire de sa politique de direction : l’ouverture aux autres hôpitaux du territoire et les interconnexions qui en ont découlé. La création du pôle de diabétologie, des unités de soin continu pour adultes et en pédiatrie, le prise en charge des accidents vasculaires cérébraux ou, dernièrement, le groupement en gériatrie, sont autant de petits cailloux semés depuis la prise de fonctions d’Henri Mennecier le 1er janvier 2004 (1).
Les ennuis n’ont pourtant pas manqué avec « des dossiers que les directeurs d’hôpitaux ne sont pas habitués à gérer. » Le 3 août 2008, la tornade saccage l’hôpital. Le directeur annule ses congés, met en place une cellule de crise, gère le drame « en temps réel » : « Il fallait être présent 24 heures sur 24, mettre les patients en sécurité et évaluer les dégâts. » Puis il y eut l’affaire Rwamucyo, du nom de ce médecin rwandais accusé de génocide, et qui avait trouvé refuge à la médecine du travail du CHSA. Le 17 octobre 2009, Henri Mennecier le relève de ses fonctions à titre conservatoire : « Culpabilité ou non culpabilité, ce n’était pas de ma responsabilité, confie le directeur. Mais au risque d’une perte de confiance de la population soignante de l’hôpital, j’ai préféré le suspendre. » À titre personnel, ce dont Henri Mennecier a le plus souffert, « c’est de l’ignoble campagne de dénigrement » exercée par une organisation syndicale extérieure à l’établissement, sur fond de révocation d’un psychologue. C’était à la fin de l’année 2004, début 2005. Le directeur durcit le ton lorsqu’il évoque ces événements : « J’étais la cible de toutes les attaques. La période la plus pénible de ma vie.» D’autant plus pénible que son épouse, alors gravement malade, devait décéder quelques semaines plus tard.
En huit ans, Henri Mennecier a tout connu à Maubeuge. Sauf peut-être l’ouverture du nouvel hôpital, qu’il avait appelé de ses voeux dès son arrivée, relevant dans l’actuel établissement des problèmes de capacité d’accueil et de vieillissement du bâti. « Avant, les autorités n’y croyaient pas. Aujourd’hui, c’est devenu la priorité numéro un », se console M. Mennecier. Il sera invité pour la pose de la première pierre et à l’inauguration, a promis Rémi Pauvros.
En ce début d’année, H. Mennecier est donc devenu le directeur de l’Établissement public de santé mentale à Saint-Venant, (près de Béthune). Un établissement de taille équivalente au CHSA (1 500 salariés). Il a au préalable refusé une mutation à la Chambre régionale des comptes, en Provence. À la découverte de la magistrature, Henri Mennecier a préféré rester dans le médical. Dans le Pas-de-Calais, il gérera notamment un institut thérapeutique pour enfants en difficulté scolaire. « On les remet en socialisation et en scolarisation. » Hôpital, école.
La boucle est bouclée. La voix du Nord
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