Le débat sur la démographie médicale n’est pas nouveau, on peut même dire qu’il fait parti de ces sujets qui reviennent à intervalle régulier occuper l’espace politique et médiatique.
Discuter de la problématique des déserts médicaux c‘est s’intéresser à la fois au nombre de médecins c’est-à -dire à l’effectif médical mais également à leur répartition sur le territoire, c’est-à -dire à l’offre de soin.Â
CE QU’EN PENSE LA CFTC
Le gouvernement ne souhaite pas recourir à des mesures coercitives à l’égard des médecins alors qu’il en existe pour les autres professions de santé. Il privilégie, au contraire, les mesures incitatives.
Il est vrai que l’on a pu observé à  l’étranger (Allemagne, Québec) que des mesures coercitives entrainent un effet pervers inverse rapide, avec un déficit d’engagement dans la filière médicale, et une réorientation des professionnels de santé vers d’autres métiers. La CFTC, quant à elle, demeure favorable à la liberté d’installation des médecins toutefois cette liberté à des limites.  En effet, les mesures financières ne sont pas efficaces pour lutter contre les déserts médicaux. Cet aspect financier n’est pas négligeable mais il n’est pas le seul paramètre dans le choix des lieux d’exercice. L’efficacité des incitations financières n’est pas suffisante, notamment en raison de l’évolution du profil des médecins (70 % de ceux qui sont en fin d’études sont des femmes) et de leurs attentes sur le plan de l’environnement de travail, l’accueil familial et de la qualité de vie.
Les pouvoirs publics doivent être les garants de l’égalité d’accès aux soins et des soins de qualité. L’Assurance maladie doit, elle aussi, jouer pleinement son rôle sur ce dossier.
La CFTC considère qu’une médecine de qualité ne peut se construire que dans l’unité médicale, gérée et rassemblée au sein d’une convention médicale unique, mais tenant compte des spécificités d’exercice coordonnée. La qualité sert la personne. C’est maintenant aux syndicats de médecins d’accepter et de travailler à l’organisation de cette liberté d’installation. Il est impératif d’inscrire un nouveau principe à la médecine libérale, celui de l’égal accès aux soins pour toutes personnes résidantes sur le territoire.
La question du bon équilibre entre le nombre de généralistes et le nombre de spécialistes doit être aussi abordée. De même, les mutations internes à la médecine comme la féminisation du corps médical, le désir de développer le travail en groupe ou encore de réduire son temps de travail doivent être prises en compte. Plus généralement, dans la mesure où les décisions prises aujourd’hui détermineront le visage de la médecine française pour les deux décennies à venir, il indispensable de prendre le temps de la réflexion et de la concertation. La CFTC défend depuis longtemps une certaine conception de la médecine dont l’objectif doit être d’assurer un haut niveau de santé pour l’ensemble des citoyens. En voici les principes :
1/ L’accès de tous à des soins primaires de qualité par une formation médicale initiale adaptée (notamment par le développement d’une culture de santé publique) comme pour l’ensemble des professionnels de santé et de premiers secours (pompiers, SMUR…). De la qualité des besoins primaires offerts dépend le plus souvent la survie des victimes d’accident sanitaire ;
2/ La conciliation des temps de vie professionnelle et vie privée qui correspond à un désir fort des nouvelles générations de médecins ;
3/ Une gestion locale de la démographie médicale qui doit tenir compte des principes de liberté d’installation des médecins mais aussi d’égalité d’accès aux soins sur l’ensemble du territoire nationale. Dans le cas d’une saturation du territoire concernée, la demande du médecin serait placée sur liste d’attente. En tout état de cause, la CFTC est défavorable aux mesures de déconventionnement des professionnels de santé car en l’état actuel du système de soins, elles ne feraient qu’accentuer les difficultés.
4/ L’État est le garant de la sécurité sanitaire et du principe constitutionnel de protection de la santé. Il doit assurer le respect de l’égalité de l’accès aux soins, primaires ou secondaires. Pour assurer la réalisation de ces objectifs, l’harmonisation et la coordination des pratiques médicales entre la ville et l’hôpital sont plus que jamais nécessaire.
Pour la CFTC, il est urgent de réformer les études médicales afin de développer la culture en santé publique de l’ensemble des professionnels de santé, mais aussi de les sensibiliser à l’organisation et à la régulation du système de soins et de son financement solidaire par la Sécurité sociale. La CFTC considère comme indispensable de la réalisation de stages dans les zones sous dotées et de donner tous les moyens nécessaires pour favoriser ceux-ci (aides au logement et aides au transport).
Pour la CFTC, il convient de réfléchir à des mécanismes encourageants le remplacement dans les zones déficitaires. La CFTC encourage également le développement de la télémédecine.
Enfin, la CFTC juge indispensable d’introduire dans la discussion autour de la démographie médicale d’autres secteurs également en déshérence tels que la médecine scolaire et la médecine du travail :
  -   la médecine du travail, marginalisée, est laissée à l’abandon alors même que la prévention médicale sur les lieux de travail répond à des impératifs de santé publique, que le nombre de salariés à prendre en compte est énorme (23 millions) et que la question de l’allongement des durées d’activité est une condition nécessaire au maintien de notre système solidaire de Sécurité sociale.
   -    la médecine scolaire est, elle aussi, en déshérence quand bien même on connaît les enjeux d’un investissement massif en direction de la jeunesse. La médecine scolaire doit redevenir un acteur institutionnel de premier plan afin d’assurer des missions de prévention, d’information, d’éducation et de dépistages auprès des publics scolarisés.
La CFTC, syndicat de construction sociale,
Est présente tous les jours à vos côtés pour défendre vos intérêts
et vous conseiller dans vos démarches.
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