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avril 20th, 2017 by cftcchsa

Il y a de vraies raisons de faire un choix positif pour sortir le pays de l’immobilisme, de la peur et du déclin et donner aux Français les moyens de croire que l’avenir leur est ouvert s’ils se rassemblent pour le construire ensemble.

Nous sommes à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle et rarement scrutin n’a été aussi indécis. Cette indécision serait anecdotique si plusieurs des options qui nous sont proposées n’étaient pas si radicales, et si elles n’ouvraient pas des perspectives si inquiétantes. La question n’est pas tant celle du détail des programmes que celle des orientations stratégiques que proposent les candidats. C’est dans le cadre de ces orientations que le reste prend sens et non l’inverse. Or le premier des enjeux, c’est celui de l’avenir de l’Union européenne dont la majorité des candidats considèrent désormais qu’il faut sortir, ou qu’il faut combattre ses orientations libérales.

Un siècle après la boucherie de la Première Guerre mondiale, qui a accouché des deux grands totalitarismes du XXe siècle, le communisme soviétique et le fascisme, 75 ans après la mise en œuvre de la solution finale par les nazis, faut-il renvoyer aux poubelles de l’histoire le long travail accompli après la Seconde Guerre mondiale pour construire un espace géopolitique où les peuples préfèrent la recherche de compromis, certes imparfaits, au règlement des conflits par la force ? Faut-il être aveugle pour nier la fécondité de cet effort : l’Europe constitue, malgré tous ses défauts, un pôle de sécurité, de richesse et de liberté très enviable. C’est sa construction qui a assuré la prospérité des nations qui y ont participé. Qui d’entre nous préférerait aujourd’hui vivre en Russie, en Chine, au Venezuela, en Colombie, au Proche-Orient, au Maghreb, en Iran ? Depuis quarante ans, les dirigeants politiques français ont trouvé pratique de faire de l’Europe un bouc émissaire de nos difficultés : ils empochaient les bénéfices, mais dénonçaient les contraintes européennes… Et quand ce n’était pas l’Europe, c’était l’Allemagne – retour de la vieille rengaine nationaliste franchouillarde –, trop commode pour justifier notre paresse à engager les réformes qui auraient permis de moderniser à la fois notre économie et notre modèle social. Pour quelques réglementations européennes discutables, combien forment aujourd’hui le socle de notre bien-être ? Et si aujourd’hui, le chômage reste beaucoup trop élevé en France, ce n’est pas l’Europe qui en est responsable, mais l’immobilisme et le conservatisme qui ont ralenti la modernisation de notre pays, alors que les réformes menées par la plupart de nos voisins ont permis chez eux une reprise de l’activité, après le choc violent de la crise financière.

Ne bradons pas notre héritage européen

Renoncer à l’Euro, sortir de l’Union européenne, comme le proposent la majorité des candidats, c’est tout simplement renoncer à la solidarité entre les peuples européens qui nous permet de faire face aujourd’hui aux trois puissances que constituent les États-Unis, la Russie et la Chine, et à la menace que vont faire peser pour longtemps sur le monde démocratique les différentes formes d’islamisme. À vrai dire, à moyen et long terme, la seule manière de soustraire l’islam à ces tentations totalitaires, c’est la manifestation de la pertinence du modèle démocratique tant sur le plan des libertés – dont celle de conscience – que sur celui de l’économie. Invoquer par exemple la Suisse pour dire qu’on peut se passer de l’Europe est un leurre : la Confédération helvétique ne vit bien que parce que l’Europe est un havre de paix et un espace économique puissant et en partie unifié…

Ceux qui en appellent à « reconquérir la souveraineté nationale » font semblant d’ignorer qu’en quittant l’Europe la France en sera réduite à jouer du pipeau dans le concert international, alors qu’elle dispose au sein de l’Union européenne d’un pouvoir d’influence considérable, qui ne peut être que renforcé si nous poursuivons la construction politique de l’Union. Nous disposons dans l’UE de bien plus que d’une minorité de blocage, alors que seuls, nous en serons réduits au rôle d’un petit actionnaire au milieu de l’assemblée générale de la planète !

Ceux qui souhaitent la sortie de l’UE oublient également qu’ils font le jeu de Vladimir Poutine pour qui il est indispensable d’affaiblir l’Europe, parce qu’elle est l’exact contre-modèle du régime qu’il a instauré en Russie. Or la Russie mérite mieux que ce régime qui confisque les libertés et les richesses au profit d’une petite classe d’héritier du KGB et qui a préféré la mise en coupe réglée du pays à sa modernisation lorsque les cours de l’énergie et des matières premières lui étaient favorables. Elle mérite mieux que d’être entretenue dans une vision paranoïaque du monde qui la présente à la fois comme une citadelle assiégée par l’OTAN, et comme la seule patrie détentrice et ordonnatrice des « vraies valeurs » – demandez à ses voisins baltes ou ukrainiens ce qu’ils en pensent et pourquoi ils ne se précipitent pas dans les bras d’un si magnifique dirigeant ! La vérité, c’est que l’Occident a tout intérêt avoir pour partenaire une Russie authentiquement démocratique et économiquement prospère, de sorte qu’elle puisse prendre part de manière positive et dynamique à la prise en compte des enjeux écologiques mondiaux et à une lutte effective contre l’islamisme et les régimes qui l’alimentent.

Nous sommes aujourd’hui responsables de l’héritage que nous ont laissé nos parents et il y aurait quelque chose de bien léger à jeter le bébé avec l’eau du bain. Il nous incombe de le faire fructifier. Cela ne veut pas dire qu’il faut simplement reconduire le passé. Tout en faisant le tri, nous avons le devoir d’être fidèles à ce que nous avons reçu, aux lignes de force qui ont construit le monde dont nous héritons, pour en développer et en actualiser la dynamique. Dans les changements très rapides du monde – qui sont en grande partie la conséquence des progrès accomplis – prétendre construire un avenir dans l’isolement et le repli n’est pas simplement une erreur, c’est une faute. C’est céder à la peur et manquer de courage.

Nous sommes capables d’inventer l’avenir de manière positive et dynamique

Certes, nous sommes sortis des années d’insouciance dans lesquelles les générations nées dans les années cinquante et soixante ont grandi, grâce aux efforts et aux sacrifices de celles et ceux qui les avaient précédées. Certes, les progrès accomplis ont ouvert un avenir aujourd’hui plein d’incertitudes, mais c’est penser paresseusement que de croire que ces incertitudes ne nous réservent que des déceptions et des malheurs. Il y a au contraire beaucoup à construire dès lors que nous accepterons de sortir de représentations du monde simplistes – qu’elles soient héritées du scientisme ou des traditions religieuses enkystées – pour faire face à la complexité. Ce mot de complexité ne doit pas nous effrayer : le mouvement résulte toujours de l’action de forces multiples, il suffit, par exemple, d’avoir fait de la voile pour savoir que l’on ne trace un cap que sous l’effet de la force du vent et de la résistance de l’eau… Il nous faut aujourd’hui apprendre à conjuguer des forces contradictoires, à évoluer dans des champs de tensions dont il faut jouer conjointement.

Nous disposons aujourd’hui d’une culture et d’outils techniques, politiques et sociaux qui nous rendent, nous Européens, parmi les plus aptes à inventer l’avenir de manière positive et dynamique, mais nous sommes tentés d’en douter. Certains, et non des moindres, s’emploient à nous faire croire que notre heure de gloire est passée. Bien sûr, la domination exercée par les nations européennes sur le monde depuis la Renaissance jusqu’à la fin du xxe siècle n’est plus d’actualité. Ce n’est pas d’abord parce que nous sommes devenus faibles, mais parce qu’elle n’a plus d’objet. L’heure n’est plus à la domination, mais à la collaboration entre des peuples égaux en liberté et en dignité, qui disposent aujourd’hui, grâce aux innovations technologiques, pratiquement des mêmes accès à la connaissance que nous. Il s’agit, j’y reviens, de manifester qu’il y a d’autres voies que la violence pour faire face ensemble aux défis qui sont ceux de la planète tout entière. Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir pour apprendre à faire coexister pacifiquement et dynamiquement nos différences culturelles, pour apprendre à déployer les solidarités internationales qui font encore trop souvent défaut et dont nous savons pourtant qu’elles sont la clé d’un avenir pacifique. Je ne rêve pas d’un monde sans tensions ni conflits, mais je crois que nous pouvons apprendre à faire face raisonnablement et pacifiquement à ces tensions et à ces conflits. Cela suppose d’apprendre à envisager le point de vue de l’autre, de sorte que l’autre puisse également envisager le nôtre. Cela ne sera jamais tranquille, mais ceux qui prétendent faire du monde une sorte de club Méditerranée planétaire – sur le mode de ce dont rêvait le jeune Marx avant d’écrire Le Capital – nous mentent et nous bercent d’illusions pour mieux assouvir leur soif de pouvoir.

Que nous proposent les différents candidats ?

Philippe Poutou et Nathalie Arthaud, trotskistes l’un et l’autre, et donc « internationalistes » ne défendent pas l’idée d’un repli national. Mais pour eux, même s’ils ne le disent pas ainsi, les élections sont des « pièges à cons », dont la seule utilité est de leur fournir une tribune pour appeler « les travailleurs à se lever contre les capitalistes », puisque la vieille lune de la lutte des classes est pour eux l’alpha et l’oméga de l’histoire. Ils n’entretiennent pas, contrairement à d’autres, l’illusion qu’ils pourraient être élus et n’ont pas le projet de défendre et de réformer les institutions européennes. Leur horizon reste la révolution.

Jean Lassalle, Jacques Cheminade, François Asselineau, Nicolas Dupond Aignan, veulent en finir avec l’Europe, mais ils ne sont pas, et n’ont jamais été en position d’être élus, quoiqu’ils aient pu en rêver. Ils n’auront servi qu’à donner du volume aux diatribes antieuropéennes.

L’escamoteur et le coureur de chimère

Jean-Luc Mélenchon partage avec Nathalie Arthaud et Philippe Poutou des convictions révolutionnaires, mais il a compris qu’il devait soigneusement les emballer pour avoir une chance de jouer le rôle dont il rêve depuis des années. Excellent tribun, intellectuel brillant, il a endossé les habits de Raminagrobis pour faire patte douce. Il dissimule son idéal révolutionnaire derrière le miroir aux alouettes de la convocation d’une Assemblée constituante et une parure écologiste au goût du jour. Son hostilité profonde à l’Europe, il la masque derrière le paravent d’une tentative de renégociation des traités dont il sait parfaitement qu’elle n’aboutira pas et qu’il engagera donc son plan de sortie de l’Union. Il manie la séduction, le bagout et le simplisme comme un remarquable escamoteur, qui tourne la tête de ceux qui l’écoutent pour mieux les rouler dans la farine. En matière de politique internationale, ses modèles sont éloquents : ce sont la Russie de Poutine, la Chine de Xi Jinping, le Venezuela de Chavez, Cuba… Autrement dit le cynisme, la politique de la force, la restriction des libertés publiques, le national communisme… sans parler de son soutien au régime criminel de Bachar al-Assad en Syrie. La victoire de Jean-Luc Mélenchon affaiblira durablement l’Europe au moment où elle a un besoin crucial de se réformer et de se renforcer, face aux menaces que représentent désormais la Russie aux frontières de l’UE, la Turquie autoritaire d’Erdogan, la Chine et ses velléités impérialistes en Extrême-Orient, et l’islamisme.

Benoît Hamon récolte la monnaie de sa pièce : il a passé une large partie du quinquennat de François Hollande à combattre la ligne du président socialiste – majoritaire au sein du PS. Vainqueur d’une primaire dont une large partie de la gauche modérée s’est désintéressée[2], et dont le ressentiment a été le principal moteur de ceux qui se sont mobilisés, il a oublié de commencer par rassembler son camp, se précipitant pour rallier des écologistes en pleine déroute du fait qu’ils n’ont jamais su se guérir des séquelles du « gauchisme » (à la différence des écologistes allemands, par exemple), et pour tenter – peine perdue d’avance – de convaincre Jean-Luc Mélenchon de renoncer à une aventure préparée de longue date avec une détermination et – il faut bien le dire – un talent rare. Bref, Benoît Hamon a préféré courir après une chimère, plutôt que de chercher à rassembler les électeurs qui ne voulaient pas d’un retour des Républicains au pouvoir. Faute tactique majeure, doublée d’une stratégie contestable, puisque son idée du revenu universel revient à prendre acte de la fin du travail… Ce n’est jamais qu’une transposition du malthusianisme à l’ère numérique et robotique, une forme de défaitisme de la pensée. Relever les défis écologiques et économiques contemporains exige bien autre chose que cette solution paresseuse qui est encore une résurgence des idées du jeune Marx. Hamon n’avait en réalité aucune chance de se qualifier pour le second tour sur des bases pareilles. D’autant que tout en restant proeuropéen et en se montrant lucide face à Poutine – comme quoi on n’est pas obligé de se tromper sur tout – il s’est aliéné toute une frange de la gauche de la gauche qui n’a pas compris comment le monde a changé et rêve – comme le faisait Arnaud Montebourg – de « démondialisation ». Mais on ne peut pas plus démondialiser que remonter les étapes qui ont fait d’un aquarium une soupe de poisson. La question n’est pas de démondialiser, mais de construire les outils d’une régulation à l’heure de la mondialisation. Benoît Hamon s’est, au bout du compte, mis tout seul hors-jeu, en passant à côté des vrais enjeux de l’élection…

Marine Le Pen sur le modèle d’Erdogan

Marine Le Pen a mené habilement et avec méthode la « dédiabolisation » du Front national, mais sans jamais en abandonner les objectifs et les traits fondamentaux. Elle est en réalité l’héritière de « l’anti-cosmopolitisme » des années trente, que prônait Édouard Drumont[3]. Elle flatte les instincts de repli, de régression, elle attise les peurs et nourrit les ressentiments. La vision qu’elle propose est en retard d’un monde au moins, et elle conduira inévitablement au déclin, à l’autisme politique, et à l’enfermement obsidional. Elle ignore profondément comment la richesse du pays a toujours profondément dépendu de sa capacité d’ouverture à l’autre, et non pas d’une défense étroite et mesquine des prétendus intérêts nationaux. C’est en relevant positivement les défis posés par la rencontre de l’autre que l’on affirme une véritable ambition, que l’on va plus loin, que l’on se dépasse. Alors que nous avons besoin d’une sortie de la crise par le haut, par un sursaut d’intelligence et de solidarité, Marine Le Pen flatte au contraire la petitesse et l’inhumanité. Elle prétend défendre les intérêts du peuple, mais en réalité, elle se sert du peuple pour satisfaire ses ambitions d’un pouvoir qu’elle ne rendra pas si elle y accède. Ce qui se passe en Turquie avec Recep Tayyip Erdogan nous enseigne une fois de plus où conduisent les populismes : à l’arbitraire et à l’autoritarisme, avec la guerre en prime.

Marine Le Pen termine sa campagne en revenant sur l’un des thèmes fondateurs du FN, le rejet de l’étranger, la peur du migrant. Or non seulement c’est une faute morale de ne pas se montrer solidaire de ceux qui arrivent chez nous parce qu’ils fuient les conflits, la violence, la misère et le désespoir, mais c’est une erreur profonde d’analyse. Nous ne pouvons que nous enrichir des apports de ceux qui viennent à nous, si nous leur donnons les moyens de concourir au bien commun. Ils seront davantage créateurs d’activité que destructeurs d’emplois si nous nous les accueillons enfin dignement. Pour avoir eu l’occasion de m’entretenir longuement ces derniers mois avec plusieurs ex-clandestins devenus Français, j’ai pu constater que leur attachement aux valeurs de la République est très grand, que leur reconnaissance à l’égard de la France est immense, et que leur engagement au service du bien commun est souvent plus grand que nombre de ceux qui s’en considèrent comme les héritiers « naturels » et qui pensent que l’État leur doit tout !

Un candidat de droite sans sagesse, porté par le vieil antilibéralisme ultramontain

La droite républicaine et modérée aurait pu se doter d’un candidat de rassemblement en la personne d’Alain Juppé qui aurait incarné le pendant français d’une Angela Merkel. Mais elle s’en est privée en s’illusionnant sur la personne de François Fillon qui fut le Premier ministre docile de Nicolas Sarkozy. Or l’ancien député de la Sarthe n’est qu’un mélange de Perrette et le pot au lait et de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf. Il a été incapable de comprendre qu’il présentait toutes les caractéristiques propres à ruiner une campagne électorale. Ne comprenant pas les exigences éthiques que l’on attend d’un président excèdent le seul respect de la légalité, oubliant les haines recuites dont il était l’objet dans son propre camp, il a pris le risque de priver la droite d’une victoire qui lui semblait acquise tant les socialistes étaient divisés. Comment un homme qui ne comprend pas qu’il est choquant d’accepter, en pleine campagne électorale, le cadeau de deux costumes d’une valeur de quelque 13 000 euros, peut-il être considéré comme assez sage pour conduire le pays ? Comment un homme qui prétend diriger la cinquième puissance économique mondiale et l’un des pays clés, avec l’Allemagne, de la construction européenne, peut-il proposer de baisser la garde face à la politique de Vladimir Poutine, en acceptant l’annexion de la Crimée – c’est ce que signifie en réalité sa proposition de lever les sanctions qui frappent la Russie – et sans s’opposer clairement et fermement à son soutien plus qu’actif aux irrédentistes du Donbass qu’il a encouragé à passer à l’action ? Comment Fillon ne comprend-il pas que toute indulgence à l’égard du Kremlin sera suivie, inévitablement, par la prise d’un avantage supplémentaire par les Russes, soit en Ukraine, soit en Moldavie, soit dans les pays Baltes, voire par une réactivation de la crise de l’ex-Yougoslavie où il est facile de semer le désordre (on l’a vu dernièrement avec une tentative de renversement du Premier ministre monténégrin, Milo Djukanovic) et de relancer des foyers de guerre civile ?

Sur le plan intérieur, François Fillon est aujourd’hui appuyé par une frange passablement rétrograde du catholicisme français, qui ne comprend rien aux raisons qui ont rendu celui-ci quasiment inaudible du reste de la société, ni aux causes de l’échec de la transmission de la foi, et propose par conséquent des solutions profondément inadéquates pour faire face au défi du monde contemporain, des solutions qui tournent d’ailleurs le dos à la meilleure tradition du catholicisme français, comme je l’ai montré dans mon Petit éloge du catholicisme français, mais se rapprochent de la pusillanimité et de la faiblesse d’une grande partie de l’épiscopat français avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. On retrouve avec François Fillon et chez nombre de ceux qui l’entourent les perversions de l’antilibéralisme français de l’avant-guerre. Celle d’un catholicisme ultramontain, marqué par une longue tradition antijudaïque, contre laquelle se sont élevés Jean XXIII et tous ses successeurs. La droite paie ici le prix de la ligne clivante imposée par Nicolas Sarkozy conseillé par Patrick Buisson. La défaite de l’ancien président de la République n’a pas découragé les tenants de cette ligne, qui caressent le rêve de rallier à eux une partie des frontistes et leur électorat. Il suffit pour s’en convaincre de voir comment Laurent Wauquiez, aujourd’hui vice-président des Républicains, député de la Haute-Loire et président du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, a adopté sur l’immigration des thèses et des pratiques qui n’ont pas grand-chose à envier à celles des élus du Front national.

L’heure de la génération E

Au terme de cette liste, vient le nom d’Emmanuel Macron. Le jeune fondateur d’En Marche n’a pas derrière lui une longue carrière politique qui permet de le jauger, voire de le juger. Néanmoins, je ne le considère pas comme le « moins pire » parmi de mauvais candidats. Je ne considère par non plus qu’il faut porter son choix sur lui pour voter « utile », afin d’avoir l’assurance de battre Marine Le Pen. En réalité, Marine Le Pen sera battue aussi bien par Jean-Luc Mélenchon et François Fillon que par Emmanuel Macron. Il n’est même pas sûr qu’elle sera présente au second tour, car les ressorts de sa campagne sont usés jusqu’à la corde, et parce que Jean-Luc Mélenchon à gauche et François Fillon à droite mordent amplement sur son électorat. De plus, Emmanuel Macron vient heureusement offrir à une partie de la jeunesse qui se serait abstenue ou aurait eu envie de voter FN « pour faire péter le système », une offre positive (il suffit de voir la moyenne d’âge nettement plus basse des participants à ses meetings par rapport aux supporters des autres candidats).

Non, si je choisis de voter pour Emmanuel Macron, c’est pour des raisons éminemment positives. C’est le candidat le plus franchement européen, celui qui incarne le mieux ceux que l’on peut appeler la génération E, la génération des étudiants Erasmus, des jeunes qui voyagent d’un bout à l’autre de l’Europe depuis qu’il n’y a plus de barrières de change, qui ne regardent ni la couleur de peau ni la religion pour choisir leurs amis ou leurs conjoints, … C’est celui qui comprend et explique le mieux la nécessité et le rôle de l’Union européenne dans la mondialisation et face aux enjeux géopolitiques d’aujourd’hui. C’est lui qui comprend et explique le mieux la complexité du monde dans lequel nous vivons désormais, et la nécessité de sortir des simplismes idéologiques pour agir au plus près des réalités, avec pragmatisme, mais aussi avec une véritable vision d’une société solidaire. Je reconnais chez lui, un mélange intellectuel que je considère comme particulièrement fécond, celui qui réunit tant dans l’intelligence que dans la lucidité la clairvoyance de Raymond Aron et celle de Paul Ricœur. Le libéralisme social d’Emmanuel Macron me paraît aujourd’hui la meilleure voix pour rendre à nos concitoyens les capacités d’initiatives et d’innovation dont plus de quarante années de politique idéologique de droite et de gauche les ont privés. Il est temps de sortir des oppositions stériles, des analyses en noir et blanc, pour faire jouer l’esprit de finesse, cher à Pascal, pour utiliser les dynamiques engendrées par les forces contradictoires qui sont à l’œuvre dans l’économie et la société, de sorte qu’on ne stérilise pas les énergies, mais produise des effets de couples qui mettent en mouvement. Il est temps de redonner le goût de la confiance en montrant que des choses sont possibles là où l’on ne cesse de nous dire que rien ne peut bouger.

Ce qu’a réalisé Emmanuel Macron depuis un an, en créant le mouvement En Marche jusqu’à devenir aujourd’hui un des favoris de l’élection présidentielle montre à l’évidence qu’il est loin d’être un incapable. Il répond à l’aspiration déjà ancienne d’une large partie d’entre nous de sortir des clivages idéologiques pour fédérer les énergies disponibles, dans tous les secteurs de la société. Il n’est pas le candidat d’une caste ou d’une couche sociale, parce que l’avenir du pays dépend de l’engagement de tous ceux qui veulent s’arracher au marasme, au déclinisme, à la désespérance, au ressentiment pour construire, à partir de leur qualité propre et dans la solidarité, un avenir ouvert. C’est tout le contraire de la dénonciation du « système » que l’on entend simultanément chez Marine Le Pen, chez François Fillon et chez Jean-Luc Mélenchon. C’est tout le contraire d’un populisme qui rassemble sur la base des amertumes et des ressentiments. Il s’agit, à l’inverse, de mobiliser positivement, de proposer de s’engager pour construire l’avenir, sans tout attendre d’un État maternant (celui que dénonçait naguère Michel Schneider dans son livre Big Mother).

Voter Emmanuel Macron, c’est me semble-t-il, offrir à la France une chance de se reprendre (Reprenons nous ! écrivait en 2012 Jean-Paul Delevoy, alors président du Conseil Économique, Social et Environnemental, après avoir été un brillant Médiateur de la République, dans un livre à la rédaction duquel j’ai collaboré) et de retrouver le dynamisme qu’elle a perdu depuis la fin des années quatre-vingt-dix. C’est également offrir à l’Europe une chance de se relancer au moment où il faut redonner à la démocratie un emblème, face à l’Amérique de Trump, à la Russie de Poutine et au totalitarisme islamiste qui n’a pas dit son dernier mot. C’est aussi faire le choix de donner à la jeunesse l’occasion de montrer ce dont elle est capable. Si les générations plus âgées ont encore bien des choses à transmettre, elles doivent savoir laisser à celles qui montent l’occasion de mettre en œuvre ce qu’elles ont déjà reçu, et l’énergie qui les anime. Ce dont l’Europe souffre le plus aujourd’hui, ce n’est pas tant de sa bureaucratie que de son vieillissement… Elle a plus que jamais besoin de renouvellement de ses forces vives ! Alain Juppé l’a d’ailleurs très bien compris, comme il l’a expliqué lorsqu’il n’a pas voulu profiter des bourdes de François Fillon pour revenir dans la compétition présidentielle.

Jean-François BOUTHORS

Texte de Jean François avec qui je suis devenu ami (c’est lui qui a fait paraître sur Ouest France le récit de ma vie :

ouest-france.fr-nous-francais-les-amoureux-de-maubeuge.htm)

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septembre 26th, 2016 by cftcchsa

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avril 3rd, 2009 by cftcchsa

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